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Un peu d'histoire, beaucoup...passionnément!

L'église

Elle est dotée d’un gracieux clocher de style Lombard avec deux étages de baies géminées séparées par une colonnette. Les fresques sont datées de la seconde moitié du XVème siècle. L'édifice comprend une nef et une abside voûtée en cul de four, un bas-côté plus tardif, et un clocher avec flèche. La construction est entièrement faite en moellons du pays. Seules les colonnettes des baies du clocher et les arcs plein cintre qui les surmontent sont en marbre. A l'intérieur, murs et voûtes sont couverts de fresques du XVe siècle. Dans le mur de la façade latérale se trouve encastré un cippe gallo-romain, au-dessus de la porte d'entrée.

Bertrand Bernard est un peintre d'histoire et décorateur qui a participé au décor de plusieurs églises du Luchonnais et des thermes Chambert dans la seconde moitié du 19e siècle. Il était membre de la Société française d'archéologie. Il est mort en 1902.

Le saviez-vous?

Les fresques

A fresco est une technique particulière de peinture sur enduit encore frais, traditionnellement une chaux aérienne. Lorsque les pigments de couleur sont déposés sur la couche d'enduit une réaction chimique les emprisonne dans des cristaux qui les fixent sur le support, assurant leur pérennité.

Les fresques du XVe siècle seraient dues à trois peintres différents dont l'origine n’est pas établie. L’abside et les parties basses avaient été blanchies, probablement au XVIIème siècle, et c’est en 1873 qu’un peintre luchonnais, Bertrand Bernard, les a redécouvertes. Certaines furent restaurées, mais les plus belles sont intouchées...Ce sont celles-ci qui souffrent aujourd’hui et qu’il faut «soigner» sans tarder, avec la délicatesse des techniques modernes maitrisées par les artistes spécialisés dans la restauration des œuvres d’art et des fresques en particulier. Les peintures de Cazeaux ont été réalisées « a fresco » c’est-à-dire directement sur l’enduit de chaux frais. 

Le saviez-vous?

Décryptage iconographique

En bref

Dès l'entrée dans l'église, on est frappé par l'ampleur des représentations : en effet la voûte et tous les murs sont peints. On y voit une magnifique représentation du jugement dernier, Adam et Eve au jardin d’Eden avant d’être chassés du paradis, le couronnement et l’assomption de la Vierge, la nativité, la passion du Christ…

Lexique 

Abside : extrémité de l’église, généralement orientée vers l’est, en arrondi, derrière l’autel au fond du chœur ou chevet.

Baies géminées : ouvertures séparées par une colonne.

Cul de four : voûte en forme d’une demi coupole qui couvre l’abside.

Fresque : peinture murale réalisée sur l’enduit frais « a fresco » ce qui fait que les pigments sont incorporés dans l’enduit. Par confusion on nomme souvent « fresques » des peintures murales réalisées ultérieurement sur mortier sec, « a secco ».

Léviathan : monstre à la gueule grande ouverte symbolisant l’enfer.

Monolithe : constitué d’une seule pierre.

Pantocréator : Christ en gloire, souvent représenté sur un trône, dans une mandorle – forme d’amande, ovale.

Phylactères : banderoles de parchemin tenues par un personnage ou sortant d’un instrument sur lesquelles sont écrites les paroles prononcées. L’équivalent de la « bulle » des bandes dessinées.

Tétramorphe : représentation des quatre évangélistes représentés par leur emblème : Luc et le taureau, Marc et le lion, Jean et l’aigle et Mathieu et l’ange ou l’homme.

Le jugement dernier

Le Christ en gloire, sur son trône céleste, vêtu d'une tunique rouge,  symbole de sa divinité, étend ses bras ouverts et ouvre ses mains pour montrer ses stigmates, tandis que sa tunique écartée laisse apparaître la blessure de son côté droit. À gauche du registre inférieur, la Vierge Marie se distingue par un geste rare et précieux : elle presse son sein et envoie trois jets de lait sur les plaies de son Fils.

Voici l'archange Saint-Michel et sa balance qui pèse les âmes des défunts sortis de leurs tombeaux. Les démons trichent, un se pend au plateau de la balance, un autre appuie sur le fléau de la balance pour faire pencher le plateau vers l’enfer et la gueule du Léviathan, ce monstre illustrant les enfers que l’on retrouve dans l’église de Jezeau (65).

Adam et Eve au jardin d'Eden

Sur la seconde travée, côté sud, l’histoire d’Adam et Eve est racontée en trois tableaux :

Le premier montre Dieu le père, coiffé de la tiare papale, qui crée Eve sortant du côté d’Adam endormi.​

Dans le second, Adam et Eve dans le jardin d’Eden, sont tentés par le démon qui a pris la forme d’un serpent à corps de femme. Ils succombent à la tentation.

Ils sont chassés du paradis par un ange armé d’un glaive. La scène est légendée ainsi : COM LANGEL GETE ADAM EBA DE PARADIS TARESTE

L'assomption

La vierge Marie est enlevée par quatre anges, deux angelots portent sa couronne, quatre anges musiciens accompagnent sa montée au ciel avec son corps terrestre.

De part et d’autre de cette scène se trouvent onze personnages, six à gauche (dont un seul n’est pas nimbé de l’auréole mais porte un chapeau, il désigne de sa main gauche la bourse qu’il tient dans sa main droite : c’est Judas). Les phylactères qu’ils tiennent sont des louanges à la vierge (belut rosa, flos virgim, ave regina celorum… Rose sauvage, fleur de la vierge, Salut Reine du Ciel…)

 ...cinq à droite. Il s’agit donc bien des apôtres, qui, selon les évangiles apocryphes, étaient présents à l’assomption de la vierge. Mais qui est le douzième qui est absent ? Cette question à été une énigme pendant longtemps. En fait il s’agit de Saint Thomas, d’après la « Légende dorée » de Jacques de Voragine (ca 1228-1298) qui en plus écrit : « …Pierre et Paul soulevèrent le cercueil et Pierre entonna : Exiit Israël de Egypto, alleluia ! »

C’est justement le texte écrit sur les phylactères des cinq apôtres de droite.

Couleurs et pigments, symbolique

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Ocres

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Ocres

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Rouges

Bertrand Bernard (repris par l’abbé Lancontrade) :

« Ces peintures ont été exécutées à la base de chaux, sur mortier frais, tantôt lissé, tantôt assez rugueux. La manière en est assez hardie ; le dessin paraît avoir été du premier coup à la pointe du pinceau, par des traits généralement noirs. Nous avons remarqué peu de repentirs …» 

Les pigments mis en oeuvre dans les fresques de l'église Sainte-Anne sont a priori simples : ocre, noir et blanc. Aucun bleu ou vert. Une question subsiste :  un rouge vif qui pourrait ne pas être un ocre.

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De façon générale, pour ce type d'ouvrage, la peinture est préparée à l'aide de pigments naturels tels que les oxydes métalliques ou des terres (terre de Sienne, ocres de Roussillon). La préparation de pigments naturels se fait par pilage des cristaux et mélange avec de l'eau de chaux. Les pigments naturels peuvent être d'origine végétale, animale ou minérale.

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Noirs

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Noirs

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Noirs

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Blancs

  • Le rouge symbolise à la fois la majesté royale et le sacrifice du Christ, évoquant le sang des martyrs

  • Le noir concerne les moments de deuil ou de pénitence comme le Carême mais peut aussi souligner le sacré

  • Le blanc symbolise la pureté, il est associé  aux anges et aux vierges

  • Le jaune est dual, tout comme le rouge. Il est associé à la lumière et à la richesse mais dans certaines représentations il devient aussi la couleur de la trahison et de l’exclusion. 

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